Sikasso, 9 octobre 2025 – La neuvième édition du Festival international du Triangle du Balafon (FITB) s’est ouverte dans une atmosphère vibrante, animée par une décharge d’énergie guinéenne ce jeudi 9 octobre 2025 à Sikasso. La salle Lamissa Bengaly, parée de sons et de couleurs, a résonné sous le thème “Le balafon, symbole de la transformation sociale dans un nouvel espace souverain”, offrant un accueil triomphal à la République de Guinée, pays invité d’honneur aux côtés du Niger et du Burkina Faso.
Une prestation qui marque les esprits
Conduite par M. Bilia Bah, Directeur Général des Industries Culturelles et Créatives, la délégation guinéenne compte deux troupes d’élite, dont la formation Yéli Guinè. Mais ce soir-là, c’est la troupe Djély Deni Balaföla qui a tenu la promesse de l’émotion et de la grandeur en offrant l’un des moments les plus captivants de la soirée inaugurale.
Pendant près d’une demi-heure, les virtuoses de Djély Deni Balaföla n’ont pas simplement joué, ils ont ensorcelé la salle entière. Leurs balafons, sublimés par une maîtrise exceptionnelle, ont enveloppé le public dans un tourbillon de rythmes et de mélodies, avant de le transporter au cœur d’un répertoire d’une richesse saisissante.
Leurs interprétations des titres “Manè”, “Mali Sadio”, “Payapaya” et du percutant “Fessèkhè” ont révélé toute la puissance expressive de la tradition mandingue guinéenne. L’orchestration, la rigueur et la ferveur des artistes ont transformé cette performance en un moment d’extase musicale, rappelant combien la Guinée demeure un foyer ardent de la culture africaine.
Le balafon, symbole de la souveraineté
Le FITB, au-delà de l’éclat des prestations, réaffirme la place du balafon comme trait d’union entre les peuples et pilier de l’identité africaine. Cet instrument millénaire continue de vibrer au cœur des sociétés, reliant la mémoire des anciens à la créativité des générations nouvelles.
C’est la Guinée qui abrite le plus vieux balafon au monde, le Sosso Balla, instrument mythique et mystique, symbole de chefferie qui a rythmé l’empire du Mandingue. Ce trésor inscrit au patrimoine immatériel de l’humanité incarne la profondeur historique et la continuité spirituelle d’une culture qui, tout en s’ouvrant à la modernité, reste solidement enracinée dans la mémoire du peuple.
À travers la prestation de Djély Deni Balaföla, c’est tout l’héritage du Sosso Balla qui a semblé revivre, projetant dans l’avenir une tradition faite de rigueur, de transmission et d’unité. Le succès de la soirée confirme que le balafon n’est pas un simple instrument, mais un langage de souveraineté et de fraternité, un repère commun dans la construction d’un espace culturel ouest-africain épanoui.
Sikasso, le temps d’un festival, devient le carrefour de cette énergie partagée où la Guinée, fidèle à sa vocation de gardienne du patrimoine mandingue, fait rayonner la grandeur de son art et l’âme profonde de son peuple.




