Le 9 mai 2026, sur l’île de San Servolo, la République de Guinée a écrit une page inédite de son histoire culturelle : pour la première fois en 130 années d’existence de la Biennale Arte de Venise la plus grande exposition d’art contemporain au monde la Guinée y prend place comme nation créatrice à part entière.
Parmi les sept pays participant pour la première fois à cette 61e édition, le pavillon guinéen marque une entrée à la fois historique, politique et profondément symbolique pour le pays et pour le continent africain.
L’exposition : Le Son de l’Art — L’Écho de la Matière :
Cinq artistes guinéens Sékou Oumar Thiam, Bella Bah, Pépé Michel Ange Lama, Fatoumata Kouyaté et Papa Youssoupha Seck issus du territoire national et de la diaspora, portent devant le monde l’âme d’un peuple et la profondeur d’une civilisation longtemps tenue à l’écart des grandes scènes internationales. Leur exposition est traversée par une intuition fondatrice : L’aube dans les entrailles des ténèbres la lumière ne vient pas après la nuit, mais à travers elle. Cette conviction irrigue chaque œuvre et confère à l’ensemble une cohérence esthétique et philosophique à la fois enracinée dans la pensée guinéenne et universelle.
Un dialogue entre deux cultures :
Ce Pavillon ne se contente pas de présenter la création guinéenne : il l’inscrit dans un dialogue vivant. Les œuvres des artistes guinéens entrent en résonance avec celles d’artistes italiens, dessinant les contours d’une coopération culturelle inédite fondée sur le respect mutuel et la conviction que l’art transcende les frontières. Cette aventure repose sur l’engagement de la Fondazione de Claricini Dornpacher et d’Artestruttura di Cividale del Friuli, partenaires italiens déterminants.
La direction curatoriale a été confiée à Carlo Stragapede, et le commissariat à Bilia Bah, Directeur général des ICC. Ensemble, leurs expertises complémentaires ont permis de tisser ce dialogue inédit entre deux traditions artistiques. Ce ne sont pas seulement deux peuples qui se rencontrent à San Servolo : ce sont deux mémoires, deux gestes, deux manières de regarder le monde qui se reconnaissent et se répondent.
Une vision présidentielle, une ambition nationale :
Ce moment historique est l’incarnation directe de la vision de Son Excellence le Président de la République, Mamadi Doumbouya, qui a élevé la culture au rang de deuxième pilier du programme Simandou 2040, convaincu que le rayonnement d’une nation se mesure autant à sa création qu’à ses ressources naturelles.
Le Ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat traduit cette vision en actes, en ouvrant aux créateurs guinéens les plus grandes scènes d’expression internationale. Dans son éditorial du catalogue du Pavillon, il rappelle avec force :
« La culture n’a jamais été un luxe. Elle est la première langue par laquelle un peuple s’exprime et se présente au monde, bien avant la diplomatie, l’économie ou les traités. »
Et aux artistes du Pavillon, il adresse ces mots :
« Vous n’êtes pas les ambassadeurs d’un pays en quête de reconnaissance. Vous êtes les voix d’une nation résolue à se faire entendre. »
Une promesse pour l’avenir :
Ce pavillon n’est pas une fin, mais une promesse : bâtir, en Guinée, l’écosystème qui permettra à la prochaine génération de n’avoir plus à attendre une biennale pour exister. Il est aussi le premier jalon d’une amitié culturelle guinéo-italienne appelée à durer.
De Conakry à Venise, en passant par Cividale del Friuli l’art unit ce que les frontières séparent.



