Conakry, 30 mars 2026 — Le Musée national de Guinée accueille actuellement une exposition consacrée à Dinah Salifou Camara, figure emblématique de l’histoire nationale. Intitulée « Sur les traces du résistant Dinah Salifou Camara », cette initiative est le fruit d’une collaboration entre la Fondation Dinah Salifou Camara (FODISAC) et le Musée national de Guinée.
Fruit de plusieurs mois de préparation, l’exposition a été officiellement inaugurée lors d’un vernissage organisé samedi dernier. À cette occasion, le ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat ainsi que le directeur général de l’Agence française de développement, Rémy Rioux, ont effectué une visite des lieux, se disant impressionnés par la richesse du contenu proposé.
L’exposition plonge les visiteurs dans l’univers de Mohammad Dinah Salifou Camara, dernier roi des Nalous, né vers 1830 à Sogoboli, dans la région de Boké, et mort en exil le 21 octobre 1897 à Saint-Louis, au Sénégal. Figure de la résistance à la pénétration coloniale française en Afrique subsaharienne, il est également connu pour sa participation remarquée à l’Exposition universelle de 1889 à Paris. Le parcours muséographique se déploie à travers une diversité de supports : photographies d’époque, manuscrits en arabe traduits en français, objets personnels, ainsi que des éléments patrimoniaux tels que la reconstitution de sa case et des images des ruines de Sogoboli, berceau de son royaume. Il met notamment en lumière son séjour parisien au cours duquel il fut accueilli avec les honneurs, logé dans un hôtel particulier de la rue Fabert, reçu à l’Élysée par le président Sadi Carnot, invité à la tour Eiffel et à l’opéra, où il rencontra le Shah de Perse.
Selon les organisateurs, l’exposition vise notamment à sensibiliser les autorités guinéennes à la nécessité du rapatriement des restes mortels du résistant, toujours inhumés au Sénégal. La présidente de la FODISAC, Mariam Tawel Camara, a lancé à cette occasion un appel au président de la République, le général Mamadi Doumbouya, pour soutenir ces démarches.
Un accent particulier est mis sur l’héritage familial du souverain. Son fils Ibrahim Dinah Salifou, formé à l’École des fils de chefs de Saint-Louis, fut lieutenant d’infanterie coloniale. Engagé volontaire lors de la Première Guerre mondiale, blessé à deux reprises en Champagne et aux Dardanelles, il fut décoré pour son mérite à l’ordre des armées. Autant d’éléments qui contribuent à restituer la dimension historique et humaine de cette figure hors du commun.
À travers cette exposition, le Musée national entend valoriser la mémoire des grandes figures de la résistance guinéenne et renforcer la transmission du patrimoine aux jeunes générations. Une démarche saluée par les autorités présentes, qui y voient un levier essentiel pour la préservation de l’identité culturelle nationale et un écho direct aux ambitions portées par le projet de réhabilitation du musée lui-même.





