Culture : “Hirdè Djouldé”, une célébration de la parole et du vivre-ensemble après le Ramadan

Conakry, 27 mars 2026 – À l’issue de la fête de l’Aïd el-Fitr marquant la fin du Ramadan, la Maison de l’oralité et du patrimoine Koumakan a renoué avec la tradition en organisant “Hirdè Djouldé”, une veillée culturelle placée sous le signe du partage, de la mémoire et de la transmission. Une initiative portée par le conteur émérite Petit Tonton, qui entend prolonger l’esprit de convivialité né des retrouvailles festives.

Petit Tonton : « La parole est un vecteur de paix et de cohésion sociale »

Pour le promoteur de l’événement, cette rencontre s’inscrit dans une logique culturelle profondément enracinée.

« Après la fête, nous avons voulu prolonger cette joie des retrouvailles. Comme au village, il est important de se retrouver autour de la parole », explique Petit Tonton.

À travers les contes, il met en avant un héritage riche, porteur de valeurs essentielles. « Dans chaque conte, il y a plusieurs messages. Nous privilégions ceux liés à la paix, à la cohésion sociale et à la transmission des valeurs humaines », souligne-t-il.

Le conteur insiste également sur l’importance des référents traditionnels, tels que la Charte du Mandé ou le sanankouya (parenté à plaisanterie), qu’il considère comme des piliers de régulation sociale. « Ce sont des repères qui nous rappellent qui nous sommes, d’où nous venons, et les liens qui unissent nos communautés », ajoute-t-il.

Au-delà des spectacles, la Maison Koumakan se veut un véritable centre de sauvegarde du patrimoine immatériel. Veillées de contes, ateliers pour élèves, soirées de généalogie, collecte et numérisation des récits traditionnels : autant d’initiatives mises en œuvre pour préserver un héritage aujourd’hui menacé. « Nous collectons, écrivons et adaptons les contes en formats audio et animés. Nous formons aussi de jeunes conteurs pour assurer la relève », précise-t-il.

La présence des représentants du ministère de la Culture à cette veillée n’est pas passée inaperçue. Pour Petit Tonton, elle constitue un signal fort.

« Cela fait chaud au cœur. Quand on travaille sans voir les autorités, on peut se sentir abandonné. Aujourd’hui, leur présence est un encouragement », confie-t-il, saluant au passage les actions engagées par le ministre Moussa Moïse Sylla.

La DGA du CCFG : « Une marque d’encouragement à ceux qui font vivre notre culture »

Représentant le ministère, la Directrice générale adjointe du Centre culturel franco-guinéen (CCFG) a justifié sa présence par la nécessité de soutenir de telles initiatives.

« “Hirdè Djouldé”, comme son nom l’indique, est une veillée festive. Après le Ramadan, il était important pour moi de représenter le ministre à cet événement organisé par la Maison Koumakan », explique-t-elle.

Elle a également salué le travail de Petit Tonton et de son équipe. « Ce qu’il accomplit pour l’oralité et la reconnexion avec notre patrimoine est remarquable. La présence du ministère est une manière d’encourager tous ces acteurs qui œuvrent dans l’ombre », indique-t-elle.

La responsable a par ailleurs mis en avant la richesse de l’expérience proposée au public : gastronomie locale, décor inspiré du village traditionnel, ambiance conviviale. « Ce sont des moments exceptionnels qui nous replongent dans nos valeurs. Tout est réuni pour faire revivre notre identité culturelle », conclut-elle.

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