Conakry, 28 avril 2026 — C’est dans une atmosphère de fierté nationale que la 20ᵉ édition du Festival national des arts et de la culture (FENAC) a rendu son verdict. Organisé en décembre 2025 à Koundara, dans la préfecture du Badiar, cet événement historique marquait une première : jamais encore le festival n’avait quitté la capitale pour s’ancrer dans l’intérieur du pays. Les résultats ont été proclamés ce mardi au Centre culturel franco-guinéen de Conakry, en présence du ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla.
Huit régions administratives, une seule scène. Pendant plusieurs jours, danseurs, musiciens, conteurs, percussionnistes et comédiens se sont affrontés dans un esprit de compétition respectueuse, sous l’œil attentif d’un jury qualifié. Les disciplines évaluées danses traditionnelles, musique, percussions, contes et théâtre ont toutes été soumises à une exigence commune : la fidélité aux valeurs culturelles guinéennes, sans concession aux influences extérieures.
Une vision, un pari
Dans son allocution, le ministre Moussa Moïse Sylla a replacé cette édition dans un cadre politique et symbolique fort. La délocalisation du FENAC à Koundara, a-t-il rappelé, s’inscrit dans la vision du président de la République, le général Mamadi Doumbouya, qui entend faire de la culture un pilier du développement national non plus un ornement, mais un moteur. « La culture a cessé d’être auxiliaire pour devenir centrale », a-t-il affirmé, appelant à une vigilance accrue face à l’érosion des traditions.
Il a salué l’engagement des artistes, des encadreurs et des autorités administratives locales, ainsi que le soutien logistique du gouvernement, sans lequel ce défi inédit n’aurait pu être relevé.
Conakry au sommet
Au terme des délibérations, c’est la région de Conakry qui a décroché le grand prix de cette édition, en remportant le plus grand nombre de distinctions toutes catégories confondues. Une consécration saluée avec émotion par l’inspecteur régional de la Culture de Conakry, M. Touré, qui a rendu hommage au ministre pour son initiative et aux artistes pour leur engagement sans faille.
- Touré Ibrahima a également tenu à souligner le rôle déterminant de la gouverneure de Conakry, qui a accompagné la délégation tout au long du festival, apportant un soutien à la fois logistique et moral un geste qui, selon lui, a contribué à souder le groupe et à porter la capitale vers la victoire.
Un tournant pour la politique culturelle guinéenne
En portant le FENAC au cœur du Badiar, la Guinée envoie un signal clair : la culture nationale n’appartient pas qu’aux grandes villes. Elle vit, palpite et se réinvente dans chaque recoin du territoire. Cette 20ᵉ édition aura ainsi posé les jalons d’une politique culturelle plus inclusive, plus décentralisée, et résolument tournée vers la préservation d’une identité guinéenne plurielle mais unie.






